Monseigneur,
Si vous le voulez bien, aujourd’hui parlons Europe !
Avez-vous remarqué, Monseigneur, le discours des médias depuis quelques semaines ? Alors que l’on pourrait s’attendre de leur
part (par devoir d’information n’est ce pas ?) qu’ils nous parlent des différents candidats, des différents programmes, du rôle du Parlement Européen, des différentes politiques
communautaires, etc, nous entendons déjà parler du taux record d’abstention.
Extraordinaire tout de même ! Mais à quel jeu joue t’on ?
A côté de cela, les hommes politiques ont le même comportement. J’entendais tout à l’heure à la maison de la presse, une personne
parler à un ami et dire qu’elle cherchait une revue sur les élections européennes, elle ne connaissait pas les programmes....Et elle est repartie sans rien.
Encore une fois, Monseigneur, à quel jeu joue t’on ?
Et bien je crois que la réponse est assez simple. 80% de la législation française est issue directement ou indirectement de la
réglementation communautaire. En clair, énormément d’éléments de notre vie quotidienne se décident à Bruxelles et à Strasbourg. Cela devrait intéresser tout le monde.....mais si l’on répète trop
souvent que notre réglementation est majoritairement d’origine communautaire, sur qui pourrons-nous taper ?
Prenons un exemple récurrent. Dans le cas des marins-pêcheurs, régulièrement, ils nous font l’honneur de bloquer nos ports en raison
par exemple d’une augmentation du prix du pétrole et d’une baisse des taux admissibles de captures et quotas, entrainant de plus en plus ce que l’on appelle une « rémunération
négative » (à savoir, c’est le marin qui doit des sous à l’armateur). Dans son extrême générosité, le Gouvernement propose une aide aux pêcheurs s’élevant à plusieurs milliards, et cela en
toute innocence. Et qu’arrive t-il quelques semaines plus tard ? La commission européenne demande aux pêcheurs de rembourser les sommes reçues. Pourquoi ? Car, toutes les aides d’Etat
aux entreprises doivent obtenir l’aval de la commission avant d’être versées, afin que celle-ci vérifie qu’il n’est pas distorsion de la concurrence. Le processus peut être contesté en soi (mais
là encore faut-il faire le choix de voter aux européennes), mais observez, Monseigneur, la malhonnêteté dont font preuve nos ministres, attribuant la faute à Bruxelles, et faisant peser le coût
aux marins-pêcheurs.
Cela m’attriste jours après jours, car voyez-vous je suis un européen convaincu. « Royaliste et européen
convaincu ???? » Et oui !
Pour reprendre le slogan d’Alliance Royale : « Pour une France royale au cœur de l’Europe ! »
Cela me valu nombre de débats houleux, me faisant même parfois insulter.
Mieux que quiconque, vous, Monseigneur, l’héritier de tant de dynasties et le cousin de tous les princes d’Europe, vous le savez. Il
existe une certaine unité du peuple européen malgré toute sa diversité (et c’est ce qui fait sa plus grande richesse). Il existe une culture européenne et l’Europe ne peut nier son héritage
chrétien.
Il est un saint que j’affectionne beaucoup : Saint Benoit de Nursie, à l’origine de l’Ordre des Bénédictins. Saint Patron de
l’Europe....et pourquoi cela ? Parce que ses monastères se sont répandue dans toute l’Europe, faisant de lui, à mon avis, l’un des fondateurs d’une culture européenne. Il serait passionnant
de faire une étude approfondie sur les racines bénédictines de l’Europe.
Je crois sincèrement qu’il est plus sage d’avancer réunie dans le monde d’aujourd’hui (bien qu’il me semble que l’on soit allé trop
vite dans l’extension de l’Union européenne, faisant par là le jeu des américains, mais cela est un autre sujet). D’ailleurs, l’Europe ne compte t’elle pas de nombreuses monarchies dans
lesquelles règnent vos cousins : Royaume-Uni, Royaume d’Espagne, Royaume de Belgique, Royaume des Pays-Bas, Royaume du Danemark, Royaume de Suède.
Enfin pour terminer, car je pourrai en parler durant des heures, je crois que Dimanche, il ne faut pas voter pour ou contre l’Europe.
Le débat est stérile et ne nous fera pas avancer. Il faut voter pour la liste qui convient le mieux à nos valeurs morales.
Dans l’espoir
de vous voir assis un jour à la table du Conseil européen, je vous prie, Monseigneur, d’accepter mes plus respectueuses salutations.
Votre dévoué serviteur,
Monsieur le Marquis de Blandinières